Test de Pragmata : Une odyssée lunaire entre technologie et humanité
Pragmata
Développeur : Capcom
Editeurs : Capcom
Genre : Action – Aventure
Date de sortie : 17 avril 2026

Longtemps resté mystérieux depuis son annonce initiale lors du showcase de PlayStation Showcase 2020, Pragmata est enfin arrivé entre les mains des joueurs le 17 avril 2026. Développé et édité par Capcom, ce titre de science-fiction attise autant la curiosité que les attentes. Positionné comme une nouvelle licence ambitieuse du studio, Pragmata mêle action, réflexion et narration dans un univers futuriste intrigant.
Genre : Action aventure | Développeurs : Capcom | Editeur : Capcom | Date de sortie : 17/04/2026 | Classification : PEGI 16+

Un récit lunaire entre science et solitude

Dans un futur proche, l’humanité franchit un cap décisif avec la découverte du lunum, une ressource révolutionnaire issue de la Lune. Cette découverte entraîne la création de la lunafibre, un matériau aux propriétés quasi miraculeuses capable de reproduire n’importe quel objet, à condition d’en posséder les données. Rapidement, cette avancée bouleverse les équilibres technologiques et économiques de la Terre, ouvrant la voie à une nouvelle ère industrielle.
Mais tout bascule lorsque les communications avec une station de recherche lunaire dédiée à l’étude de la lunafibre sont brutalement interrompues. Sans explication, sans signal de détresse, le silence s’installe. Face à cette situation inquiétante, une équipe d’intervention est envoyée sur place afin d’enquêter. À leur arrivée, un violent séisme lunaire frappe la base, provoquant chaos et séparation.
C’est dans ce contexte que l’on découvre Hugh Williams, un membre de l’expédition, gravement blessé et laissé pour mort. Isolé, inconscient, il est finalement secouru par une entité inattendue, une jeune androïde qu’il surnommera Diana. Mais Diana n’est pas une machine ordinaire. Elle est une Pragmata, une forme de vie artificielle conçue à partir de lunafibre, capable d’interagir avec son environnement de manière unique.
Très vite, une relation singulière se tisse entre Hugh et Diana. Là où Hugh représente la fragilité humaine et une forme paternelle face à un environnement hostile, Diana incarne une intelligence enfantine et naïve. Ensemble, ils vont tenter de survivre, comprendre ce qui s’est réellement passé sur la station, et percer les secrets de cette technologie aux implications vertigineuses.
Le récit se construit progressivement, distillant ses révélations à travers l’exploration et les interactions entre les deux protagonistes. Pragmata ne se contente pas de raconter une histoire de survie : il interroge la nature de la conscience, la place de l’humain face à ses créations, et les dérives potentielles d’une technologie capable de tout reproduire… même l’incontrôlable.
Il est finalement secouru par une entité inattendue, une jeune androïde qu’il surnommera Diana.
Une direction artistique entre Terre et cosmos

Dès les premières minutes, Pragmata impressionne par sa direction artistique soignée et contrastée. Si le jeu se déroule majoritairement sur la Lune, il ne se limite pas à des étendues grises et désertiques. Au contraire, la base lunaire devient un véritable terrain d’expérimentation visuelle.
Grâce à la lunafibre, les environnements recréent des fragments de la Terre avec un réalisme troublant. On passe ainsi d’une reconstitution de New York à une plage baignée de lumière, puis à une zone boisée aux arbres gigantesques. Ces transitions, parfois déroutantes, participent à une sensation constante d’étrangeté, comme si le réel et l’artificiel se confondaient en permanence.
Les zones plus classiques, comme les installations spatiales ou les couloirs techniques, rappellent les standards du genre, mais bénéficient d’un niveau de détail remarquable. Les jeux de lumière, les textures métalliques et les effets de particules renforcent l’immersion, tout comme les passages en extérieur sur la surface lunaire, où la faible gravité influence subtilement les déplacements.
Le character design n’est pas en reste. Hugh, marqué par ses blessures et son équipement, contraste avec Diana, dont l’apparence fragile et presque enfantine dissimule une puissance technologique impressionnante. Les animations sont fluides, crédibles, et participent à renforcer l’attachement aux personnages.
Pragmata réussit ainsi à créer un univers visuellement riche, où chaque zone raconte quelque chose, où chaque décor semble chargé d’une histoire implicite. Cette dualité entre nature recréée et technologie omniprésente constitue l’une des grandes forces esthétiques du jeu.
Les animations sont fluides, crédibles, et participent à renforcer l’attachement aux personnages.
Un gameplay hybride aussi exigeant que grisant

Le cœur de Pragmata réside sans conteste dans son gameplay, véritable réussite du titre. Dès les premières heures, le jeu impose une mécanique centrale : contrôler simultanément deux personnages, Hugh et Diana. Une idée qui pourrait sembler déroutante au premier abord, mais qui devient rapidement naturelle et surtout extrêmement satisfaisante.
D’un côté, Hugh gère les actions physiques : tir, déplacement, esquive. De l’autre, Diana intervient via un système de hacking en temps réel, assigné à la partie droite de la manette. Ce double contrôle crée une dynamique unique où chaque affrontement devient une sorte de puzzle en mouvement. Il ne suffit pas de tirer : il faut d’abord affaiblir les ennemis, briser leurs défenses ou les immobiliser grâce aux capacités de Diana.
Ce système est renforcé par l’utilisation de « nœuds » de hacking, permettant d’appliquer différents effets : étourdissement, paralysie, suppression de boucliers… Le joueur doit constamment analyser la situation, choisir la bonne approche, et coordonner ses actions avec précision. Cette exigence donne lieu à des combats intenses, nerveux, et particulièrement gratifiants une fois maîtrisés.
Le jeu introduit également un hub central appelé le refuge. Véritable point de repos, il permet de restaurer sa santé, gérer son équipement et imprimer de nouvelles armes grâce aux ressources collectées. Particularité intéressante : la majorité des armes sont temporaires. Une fois leurs munitions épuisées, elles disparaissent. Un choix qui peut frustrer au départ, mais qui pousse à varier son arsenal et à expérimenter. Là où beaucoup de joueurs ont tendance à conserver leurs meilleures armes « au cas où », Pragmata encourage leur utilisation active, rendant chaque affrontement plus dynamique et imprévisible.
Le système d’amélioration est lui aussi bien pensé. Les matériaux récupérés permettent d’améliorer aussi bien l’équipement de Hugh que les capacités de hacking de Diana. Cette progression renforce le sentiment de montée en puissance, tout en laissant une certaine liberté dans le style de jeu.
Le refuge est connecté aux différentes zones via un tram, facilitant les allers-retours et permettant de revisiter les environnements pour récupérer des ressources ou compléter certaines zones. Cette structure semi-ouverte rappelle, par certains aspects, celle de Resident Evil, notamment dans sa gestion des espaces et de la progression.
On peut également noter quelques similitudes avec Death Stranding, notamment dans certains éléments comme le rôle de Diana rappelant BB pour le scan, ou encore la création d’éléments via impression (comme des ponts). Des inspirations légères, mais qui enrichissent l’expérience sans jamais la dénaturer.
Malgré ses nombreuses qualités, le gameplay finit toutefois par montrer certaines limites. Une fois les mécaniques maîtrisées, une forme de répétitivité peut s’installer, notamment dans les affrontements. Heureusement, le plaisir de jeu reste intact grâce à la nervosité et à la satisfaction procurée par le système de combat.
Ce double contrôle crée une dynamique unique où chaque affrontement devient une sorte de puzzle en mouvement.
Une ambiance sonore immersive et subtile

Sur le plan sonore, Pragmata opte pour une approche mesurée mais efficace. Les musiques, souvent discrètes, accompagnent parfaitement les moments d’exploration, laissant parfois place à un silence pesant qui renforce l’isolement ressenti sur la Lune.
Lors des phases de combat, la bande-son se fait plus présente, accentuant la tension sans jamais devenir envahissante. Les compositions oscillent entre nappes électroniques et mélodies plus émotionnelles, reflétant bien la dualité entre technologie et humanité au cœur du jeu.
Les effets sonores sont particulièrement réussis. Chaque tir, chaque interaction, chaque pas sur la surface lunaire contribue à renforcer l’immersion. Le travail sur la spatialisation du son est également notable, permettant de mieux anticiper les dangers et de s’orienter dans les environnements.
Enfin, les voix des personnages apportent une dimension supplémentaire à la narration. Le jeu est entièrement doublé en français. Les échanges entre Hugh et Diana, parfois sobres, parfois plus chargés émotionnellement, participent à construire leur relation et à donner du poids aux événements vécus.
Quelques concept arts de Pragmata
Conclusion
Pragmata réussit le pari de transformer une attente longue en une expérience originale et marquante. Malgré une durée de vie relativement courte et une certaine répétitivité sur la fin, le jeu brille par son gameplay innovant et son univers captivant. La relation entre Hugh et Diana, couplée à un système de combat dynamique, rend l’aventure particulièrement prenante. Une belle réussite pour Capcom, qui signe ici une nouvelle licence prometteuse.
Les plus
+ Gameplay innovant et très satisfaisant
+ Système de double contrôle parfaitement maîtrisé
+ Univers visuel riche et original
+ Relation attachante entre les personnages
+ Bonne rejouabilité grâce aux améliorations et à l’exploration
Les moins
– Durée de vie assez courte
– Répétitivité des combats sur la fin
– Prise en main déroutante au début
– Certaines mécaniques sous-exploitées









