Test de Manairons : Une petite créature, une grande aventure dans les Pyrénées

Sorti le 19 février 2026, Manairons est un jeu d’action-plateforme en 3D développé par JanduSoft en collaboration avec 3Cat, et édité par JanduSoft. Inspiré du folklore catalan des Pyrénées, le titre propose une aventure colorée où de petites créatures magiques doivent sauver leur village d’une industrialisation incontrôlée. Le jeu se présente comme un hommage aux plateformes 3D classiques, tout en y ajoutant une identité très marquée par la culture catalane et les légendes montagnardes.
Genre : Plateforme – Action | Développeurs : JanduSoft S.L | Editeur : JanduSoft S.L – 3Cat | Date de sortie : 19/02/2026 | Classification : PEGI 12+

Une légende des Pyrénées remise au goût du jour

Au cœur de Manairons, on découvre un univers directement inspiré des contes et légendes des Pyrénées. Ces histoires évoquent les manairons, de petites créatures magiques capables d’accomplir un travail titanesque en un temps record… mais aussi réputées pour leur caractère parfois explosif lorsqu’elles sont contrariées. C’est dans cette mythologie que le jeu puise toute sa personnalité.
L’aventure débute lorsque le joueur incarne Nai, un manairó qui vient tout juste de se réveiller après avoir été enfermé pendant des siècles dans un mystérieux artefact appelé le canut. Cet objet magique, aussi ancien que suspect, semble avoir une influence particulière sur les manairons et leurs pouvoirs. Heureusement,ou peut-être malheureusement, une sorcière intervient pour libérer Nai de cette prison magique. Mais cette libération n’est pas un simple acte de bonté : elle s’accompagne d’une mission urgente.
Le paisible village de Vilamont, niché dans les montagnes, est désormais en proie au chaos. Là où régnaient autrefois tranquillité et traditions, d’immenses machines envahissent désormais le paysage. Les boutiques sont fermées, les habitants vivent reclus chez eux et l’atmosphère chaleureuse du village a laissé place à une étrange tension.
Derrière tout cela se cache Llorenç, un propriétaire terrien aussi peu charismatique qu’ambitieux. Obsédé par le progrès et la production, il a découvert comment exploiter le pouvoir des manairons grâce au canut. Résultat : ces petites créatures, autrefois libres et malicieuses, travaillent désormais comme des forcenés pour alimenter une industrialisation massive du village.
Pour Nai, la situation est inacceptable. Les légendes ne racontaient pas une telle exploitation des siens, et il est bien décidé à remettre les choses en ordre. Armé de sa flûte magique, il va parcourir les montagnes et les différents lieux de Vilamont afin de récupérer le canut et libérer ses congénères.
La flûte ne sert pas uniquement à produire de jolies mélodies. Grâce à d’anciennes musiques magiques, Nai peut influencer les autres manairons, résoudre des énigmes et affronter ceux qui se trouvent désormais sous le contrôle de Llorenç.
Au fil de l’aventure, le joueur découvre un monde rempli de secrets, de créatures étranges et de situations parfois absurdes. Entre humour discret, folklore local et aventure fantastique, Manairons raconte une histoire simple mais attachante, qui rappelle que même les plus petites créatures peuvent provoquer une véritable révolution.
Et comme le rappelle souvent la sagesse populaire des montagnes : quand un manairó se met en colère… mieux vaut ne pas rester sur son chemin.
Armé de sa flûte magique, il va parcourir les montagnes et les différents lieux de Vilamont
Une direction artistique entre conte illustré et nostalgie vidéoludique

L’une des premières choses qui marque dans Manairons, c’est son style visuel. Le jeu adopte une direction artistique volontairement simple mais pleine de charme, qui oscille entre illustration de conte et hommage aux jeux de plateforme des années 90.
Les cinématiques sont particulièrement réussies. Elles adoptent un style proche du dessin illustré, avec des personnages expressifs et une mise en scène qui rappelle parfois les pages d’un livre de contes. Les couleurs sont chaleureuses, les animations fluides et l’ensemble contribue à installer une atmosphère très douce, presque féérique. Ces moments narratifs donnent beaucoup de personnalité aux personnages et permettent de mieux comprendre l’univers et ses enjeux.
En revanche, une fois en jeu, le style graphique devient plus rustique. Les environnements rappellent clairement les productions de l’époque PlayStation et Nintendo 64, avec des textures simples, des formes parfois anguleuses et une mise en scène qui privilégie la lisibilité plutôt que la débauche technique.
Mais loin d’être un défaut, ce choix artistique fonctionne plutôt bien. Il donne au jeu un petit côté rétro qui s’accorde parfaitement avec son gameplay de plateforme classique. Les villages, les ateliers industriels ou encore les paysages montagneux sont colorés et suffisamment variés pour maintenir l’intérêt du joueur.
Les niveaux possèdent également une construction intéressante. Chaque zone correspond généralement à un lieu important de Vilamont : boutiques, bâtiments industriels ou zones naturelles. Chacune possède sa propre identité visuelle et propose des défis différents.
On sent aussi une véritable volonté de retranscrire l’ambiance des Pyrénées. Entre les reliefs montagneux, les petits bâtiments en pierre et l’opposition entre nature et machines industrielles, le jeu parvient à créer un contraste visuel efficace entre tradition et modernité.
Certes, Manairons ne rivalise pas avec les productions AAA en termes de prouesses techniques, mais ce n’est clairement pas son objectif. Son charme repose davantage sur sa cohérence artistique et son univers inspiré du folklore.
Les environnements rappellent clairement les productions de l’époque PlayStation et Nintendo 64
Un gameplay de plateforme à l’ancienne

Si Manairons évoque visuellement les jeux de plateforme des années 90, son gameplay s’inscrit clairement dans cette tradition. On se retrouve face à un jeu d’action-plateforme en 3D qui rappelle fortement les titres de l’époque PlayStation et Nintendo 64, avec des niveaux construits autour de l’exploration, des sauts et de petits défis environnementaux.
La progression se fait à travers différents niveaux qui regorgent de zones cachées. Les joueurs les plus curieux seront rapidement tentés d’explorer chaque recoin pour trouver des collectibles ou découvrir des passages secrets. Ce choix de design encourage fortement la rejouabilité, notamment pour les perfectionnistes qui souhaitent tout récupérer.
Chaque niveau se conclut généralement par un combat de boss. Ces affrontements viennent ponctuer l’aventure et offrent des défis variés qui demandent d’utiliser intelligemment les capacités de Nai.
L’élément central du gameplay reste bien sûr la flûte magique. Cet instrument sert aussi bien d’arme que d’outil de progression. En combat, Nai peut frapper au corps à corps où à distance en lançant une note. Mais la flûte ne se limite pas à l’affrontement.
Elle joue également un rôle majeur dans la résolution d’énigmes. Au fil de l’aventure, le joueur apprend de nouvelles mélodies qui permettent d’interagir avec l’environnement. Certaines musiques peuvent activer des mécanismes, alimenter des générateurs ou encore déplacer des objets lourds.
D’autres mélodies permettent d’atteindre des zones élevées. Ces mécaniques apportent une dimension puzzle intéressante qui vient enrichir le gameplay de plateforme classique.
Les quêtes annexes jouent également un rôle important. En les accomplissant, le joueur peut débloquer de nouveaux chemins dans les niveaux déjà visités. Ces passages alternatifs mènent parfois à des zones secrètes ou à des boss cachés, ce qui renforce encore l’intérêt de revisiter les niveaux.
Cependant, tout n’est pas parfait. La caméra fixe peut parfois compliquer certains sauts, surtout lorsque la perspective ne permet pas d’évaluer correctement les distances. Cela peut occasionner quelques ratés frustrants, notamment dans les passages de plateforme les plus exigeants.
Autre problème notable : la présence de bugs. En explorant les niveaux à la recherche de secrets, il arrive parfois de se retrouver bloqué sous le décor ou coincé dans certaines zones. Dans ces situations, la seule solution consiste à quitter la partie ou à recharger la zone.
Malgré ces imperfections techniques, le gameplay reste globalement très plaisant. Les mécaniques sont simples à comprendre, mais suffisamment variées pour maintenir l’intérêt sur la durée.
Au final, Manairons réussit à capturer l’esprit des anciens jeux de plateforme tout en y ajoutant une touche musicale originale qui lui donne une véritable personnalité.
La progression se fait à travers différents niveaux qui regorgent de zones cachées.
Une ambiance sonore pleine de charme

L’univers sonore de Manairons accompagne parfaitement l’aventure. La musique joue évidemment un rôle central dans le jeu, puisque la flûte de Nai est au cœur du gameplay.
Les mélodies que l’on découvre au fil de l’aventure sont entraînantes et donnent immédiatement envie de les reproduire. Elles possèdent un côté folklorique qui correspond parfaitement à l’univers inspiré des Pyrénées.
Les bruitages sont également très réussis. Les petits sons associés aux actions des manairons, aux mécanismes ou aux interactions avec l’environnement renforcent l’aspect vivant et malicieux du monde.
Un détail particulièrement appréciable est la possibilité de jouer avec la langue catalane. Ce choix est loin d’être anodin, puisqu’il renforce l’ancrage culturel du jeu dans les traditions locales. Entendre cette langue dans un jeu vidéo apporte une authenticité supplémentaire à l’expérience.
L’ensemble crée une ambiance sonore chaleureuse et immersive, qui accompagne très bien l’exploration et les énigmes.
Quelques concept arts de Manairons
Conclusion
Manairons est une aventure pleine de charme qui réussit à mêler folklore, plateforme et musique dans un univers original. Malgré quelques imperfections techniques et une caméra parfois capricieuse, le jeu offre une expérience agréable qui rappelle les grands classiques de la plateforme 3D. Avec son univers inspiré des légendes catalanes, ses mécaniques musicales et son esprit rétro assumé, le titre propose une aventure rafraîchissante et attachante.
Les plus
+ Univers inspiré du folklore catalan original
+ Gameplay de plateforme nostalgique
+ Utilisation originale de la flûte et des mélodies
+ Présence de quêtes annexes et boss cachés
+ Possibilité de jouer en catalan
Les moins
– Caméra fixe parfois gênante pour les sauts
– Plusieurs bugs pouvant bloquer le joueur
– Certaines phases de plateforme un peu frustrantes









