Test de Screamer – Un retour rugissant… mais pas pour tous les pilotes




Remis au goût du jour par Milestone, Screamer signe un retour inattendu d’une licence culte des années 90. Sorti le 26 mars 2026, ce reboot ambitieux marque une rupture nette avec les origines arcade du jeu, en proposant une expérience beaucoup plus narrative et exigeante. Présenté pour la première fois lors d’un événement dédié aux jeux de course nouvelle génération, le titre a rapidement intrigué par son mélange audacieux de visual novel et de compétition motorisée. L’objectif est clair : moderniser l’ADN de la franchise tout en séduisant une nouvelle génération de joueurs.


Genre : Course | Développeurs : Milestone | Editeur : Milestone | Date de sortie : 26/03/2026 | Classification : PEGI 16+

Screamer
Plate-forme : Playstation 5 – Xbox – PC

Une course vers l’inconnu – Une narration surprenante et ambitieuse

Screamer

Dans un futur proche rongé par la corruption et les luttes de pouvoir, Screamer vous plonge dans une mégalopole tentaculaire où les règles n’existent plus vraiment. C’est dans ce contexte que surgit un mystérieux organisateur, une figure énigmatique dont les motivations restent floues, mais dont les intentions sont limpides : réunir les meilleurs pilotes du monde pour participer à un tournoi clandestin où la victoire est aussi précieuse que la survie.

Ce tournoi n’est pas qu’une simple compétition. C’est un spectacle, un terrain de guerre, un jeu d’influence où cinq factions s’affrontent dans l’ombre. Chacune possède ses propres intérêts, ses propres pilotes, et surtout sa propre vision du pouvoir. Entre manipulations politiques, rivalités personnelles et enjeux financiers colossaux, l’histoire de Screamer se dévoile progressivement, prenant parfois des allures de thriller dystopique.

Là où le jeu surprend véritablement, c’est dans son approche narrative. Milestone a pris le pari audacieux de construire l’intégralité du mode solo autour de cinématiques animées et de séquences de type visual novel. Des centaines de lignes de dialogues viennent enrichir l’univers, donner de la profondeur aux personnages et instaurer une tension constante entre les courses.

Le mode histoire est structuré en six épisodes, eux-mêmes divisés en une quinzaine à une vingtaine d’événements. Cette progression épisodique renforce l’immersion, donnant presque l’impression de suivre une série interactive. Chaque course devient alors un enjeu narratif, un moment clé dans l’évolution des relations entre les factions et les protagonistes.

Cependant, ce choix de narration peut aussi diviser. Si certains apprécieront cette immersion scénarisée, d’autres pourraient trouver le rythme parfois haché, avec des phases de dialogue qui ralentissent l’action. Mais une chose est sûre : Screamer ne laisse pas indifférent.

Là où le jeu surprend véritablement, c’est dans son approche narrative.

Screamer
Screamer
Screamer

Beau visuellement… malgré une certaine répétitivité

Screamer

Dès les premières minutes, Screamer impressionne par sa direction artistique. Le jeu exploite pleinement les capacités des consoles nouvelle génération pour offrir des environnements riches, détaillés et particulièrement immersifs. La ville qui sert de décor principal est un véritable personnage à part entière : néons éclatants, quartiers industriels étouffants, avenues futuristes baignées de lumière artificielle… chaque zone possède une identité visuelle forte.

Les effets de lumière sont particulièrement réussis, notamment lors des courses nocturnes où les reflets sur la carrosserie et la route renforcent le sentiment de vitesse. Les particules, les explosions et les impacts ajoutent également une dimension spectaculaire aux affrontements, donnant parfois l’impression d’assister à un véritable chaos orchestré.

Le game design des circuits, quant à lui, mise sur la verticalité et la densité. Les tracés sont souvent étroits, sinueux, et ponctués d’obstacles qui demandent une attention constante. Cela contribue à renforcer la tension, chaque erreur pouvant coûter cher.

Cependant, malgré ces qualités indéniables, le jeu souffre d’un défaut notable : la répétitivité des pistes. On a rapidement la sensation de revenir sur les mêmes circuits, avec des variations parfois trop subtiles pour réellement renouveler l’expérience. Ce manque de diversité peut, à terme, entamer l’enthousiasme, surtout pour les joueurs qui enchaînent les courses.

Le jeu souffre d’un défaut notable : la répétitivité des pistes.

Une prise en main exigeante – Un gameplay à double tranchant

Screamer

C’est probablement sur ce point que Screamer divisera le plus. Là où de nombreux jeux de course arcade privilégient l’accessibilité et le plaisir immédiat, le titre de Milestone prend le contrepied total en proposant un gameplay exigeant, presque technique.

Ici, il ne suffit pas d’accélérer et de tourner. Le cœur du gameplay repose sur l’utilisation simultanée des deux sticks analogiques : l’un pour diriger le véhicule, l’autre pour gérer le dérapage. Sur le papier, l’idée est intéressante et apporte une vraie originalité. Dans les faits, elle demande un temps d’adaptation conséquent.

La coordination entre les deux sticks n’est pas toujours intuitive, et le manque de précision peut parfois frustrer. Certaines situations exigent une maîtrise quasi parfaite des mécaniques, notamment dans les virages serrés ou lors des affrontements avec les adversaires.

Car oui, Screamer ne se contente pas de proposer des courses classiques. Le jeu intègre également un système de combat, avec des attaques offensives et défensives à gérer en pleine course. Il faut surveiller ses adversaires, anticiper leurs actions, et choisir le bon moment pour riposter.

À cela s’ajoute la gestion du boost, élément clé pour espérer décrocher la victoire. Mal utilisé, il peut vous faire perdre le contrôle de votre véhicule. Bien exploité, il devient une arme redoutable.

Le mode berserk, quant à lui, apporte une dimension encore plus nerveuse. Une fois activé, il transforme votre véhicule en véritable machine de destruction, vous rendant temporairement invincible. Mais là encore, tout est question de timing.

Autre subtilité : bien que la conduite soit en apparence automatique, il est possible d’optimiser ses performances en passant les vitesses manuellement au bon moment. Un détail qui peut faire toute la différence, mais qui ajoute une couche supplémentaire de complexité.

Enfin, chaque pilote dispose de son propre véhicule et d’une capacité passive unique, influençant directement le gameplay. Ce système encourage l’expérimentation, mais demande aussi une bonne compréhension des mécaniques pour être pleinement exploité.

Au final, les sensations en main sont assez proches de celles de Wipeout, avec une approche plus technique et moins permissive que la majorité des jeux de course arcade. Même en mode facile, Screamer reste exigeant, et pourra représenter un véritable défi pour les joueurs.

le titre de Milestone prend le contrepied total en proposant un gameplay exigean

Screamer
Screamer
Screamer

Une identité sonore marquée – Entre immersion et authenticité

Screamer

L’ambiance sonore de Screamer participe grandement à son immersion. Dès les premières courses, le jeu impose une atmosphère tendue, presque oppressante, renforcée par une bande-son électronique parfaitement adaptée à l’univers futuriste.

Les musiques accompagnent efficacement l’action, accentuant les moments de tension et les phases de chaos. Elles ne sont peut-être pas mémorables individuellement, mais elles remplissent parfaitement leur rôle en soutenant le rythme du jeu.

Un autre élément intéressant réside dans le choix des langues des personnages. À l’instar de la saga Tekken, chaque pilote s’exprime dans sa langue natale. Ce parti pris renforce l’authenticité et la diversité du casting, donnant l’impression de participer à un tournoi véritablement international.

Les bruitages, quant à eux, sont solides. Les moteurs rugissent, les collisions résonnent avec impact, et les effets sonores des armes viennent compléter l’ensemble avec efficacité.

Cependant, on peut regretter un certain manque de variation sur la durée. Comme pour les circuits, l’ambiance sonore finit par devenir légèrement répétitive, sans pour autant nuire à l’expérience globale.


Quelques concept arts de Screamer


Conclusion



Screamer est un jeu audacieux, qui tente de réinventer une licence culte en misant sur la narration et la complexité. Si son univers et ses ambitions sont indéniablement séduisants, son gameplay exigeant et sa structure particulière le rendent difficile d’accès. En tant que joueuse peu adepte des jeux de course, l’expérience peut vite devenir frustrante, voire décourageante. Clairement, ce reboot ne s’adresse pas aux joueurs occasionnels, mais plutôt à ceux qui recherchent un défi technique et une approche différente du genre.

Note : 2 sur 5.
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